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lundi 15 octobre 2018

Pour en finir avec la rumba (2) de la prise de sang impossible à Montreux et résultats d’analyses qui n’arrivent jamais

J'aurais dit des Elus, mais bon...

Honorables lecteurs, le premier épisode de la rumba de la prise de sang impossible, se trouve



Après toutes ces surréalistes démarches pour avoir les délices d’une aiguille dans le bras, il aura donc fallu 21 jours après l’ordonnance pour voir apparaître toutes ailes déployées un ange piqueur permettant d’envoyer une analyse dans un labo.

Mais pour cela il aura fallu déployer des trésors de ressources et de fatigue. N’en pouvant plus d’attendre et de chercher, me suis adressée par mail à un autre médecin à Villeneuve, lui envoyant la demande d’analyse de mon médecin traitant et lui demandant s’il pouvait faire la démarche auprès d’Unilabs puisqu’ils ne voulaient pas m’envoyer une piqueuse à domicile sans cela. Ce qu’il fit avec diligence, merci à lui, en demandant au labo que nous recevions résultats tous les trois, mon médecin traitant, lui et moi. Restait à savoir si je le recevrais vraiment ou pas ce résultat, car systématiquement, même lorsque le médecin le demande et même lorsqu’on demande expressément aux labos de nous envoyer toute copie d’analyse, c’est le plus souvent oublié. Pourtant, c’est notre droit. 

C’est ainsi que je reçus le 3 un téléphone d’une charmante Francesca me disant qu’elle viendrait me piquer le lendemain matin, soit le 4 octobre.

J’appris en outre qu’il y avait 3 infirmières à domicile privées dans la région Riviera Vaudoise, travaillant en collaboration. Pour tous ceux qui chercheraient désespérément à se faire piquer, voici leurs coordonnées :


Je remis à celle-ci l’ordonnance de mon médecin traitant stipulant que les analyses devaient être faites au labo MGD Genève.

Vendredi 12 octobre, n’ayant toujours pas reçu les résultats, je téléphone à MGD Genève pour savoir pourquoi : « Nous n’avons pas de nouvelle demande d’analyse dans votre dossier depuis janvier 2018 ».

J’appelle donc Unilabs Montreux pour leur demander ce qu’ils ont fait avec cette analyse. Ils l’ont faite eux-mêmes contrairement à l’ordonnance de base. Soit. Les questionne alors sur le fait que je n’ai pas reçu les résultats : 

« Nous vous les avons envoyés le lundi 8 octobre »

Vu que rien n’est arrivé dans ma boîte, leur demande de m’en envoyer copie par mail.

« Non, ça, je ne peux pas faire, c’est interdit, notre boîte mail n’est pas sécurisée (sic) et la vôtre non plus (re-sic). Je vous la renvoie par courrier A, vous l’aurez demain ».

Mais rien n’arriva non plus le lendemain, ni le lundi suivant.

Mon médecin traitant étant toujours injoignable, lundi 15 octobre, je téléphone au cabinet du médecin de Villeneuve pour savoir si eux au moins ont reçu ces résultats. Le médecin est absent cette semaine, mais elle me dit que oui et m’envoie sur ma demande ces résultats par mail.

Et je vois dans ces résultats :

- Que le labo m’a envoyé les résultats à une adresse qui n’existe plus depuis 3 ans à Gland, alors que je vis à Clarens et que mon adresse figurait sur la fiche de l’infirmière.

- Je téléphone donc à Unilabs ce même jour pour leur mentionner l’erreur d’adressage. « Ah, ça a dû passer à la trappe ». Pas un mot d’excuse. La politesse se perdrait-elle dans des tubes ?

- Qu’une hépatite E attend depuis le 4 septembre, jour d’une hospitalisation d’urgence à l’étranger, de pouvoir être soignée on ne sait même pas par quoi… et qu’elle attendra jusqu’au 8 novembre, seule date libre chez mon médecin de Villeneuve à défaut de pouvoir contacter mon médecin traitant. Soit : 65 JOURS !!! 


Je déduis de tout ceci que :

- Pour une simple prise de sang il faudra payer 2 factures de médecin et attendre 24 jours pour qu’elle puisse se faire dans ce pays.. J’espère que le Canton de Vaud et le Conseil Fédéral mesureront à leur juste valeur le sens de l’économie.

- Que le CMS Montreux dont les infirmières n'ont pas le droit de faire une prise de sang ne peut fournir l’information d’une infirmière privée à domicile  et vous propose d’aller à l’hôpital la faire alors que vous lui avez expliqué que vous ne pouvez sortir à jeun. Je doute d’ailleurs qu’un hôpital accepte de prendre en charge l’ordonnance d’un médecin privé et un acheminement à un labo privé.

- Qu’une société qui prétend tout simplifier rend toute chose tellement compliquée que c’est ingérable.

- Qu’un labo refuse de venir vous piquer à domicile sans tout un pataquès (alors que je n’ai jamais eu ce problème avec les autres laboratoires) et refuse de vous envoyer vos résultats par mail, idem.

- Que si leur boîte mail n’est pas sécurisée, cela signifie aussi que tout leur système informatique ne l’est pas non plus et que n’importe quel petit malin peut y pénétrer. D’ailleurs leur site ne l’est pas, sécurisé. Google qui sait tout me l'a dit.

- Qu’il est bien prétentieux de me dire que ma boîte mail n’est pas sécurisée, puisqu’en https et que je ne peux même pas y accéder à l’étranger avec un autre fournisseur d’accès ou autre appareil sans que Google m’envoie un code supplémentaire sur un tel que je n’ai pas avec moi (sic) avec en prime un anti-virus fonctionnel en permanence dans mon ordi et 36 avis qu’une personne a tenté de s’introduire dans mes boîtes mails alors que c'est moi ;) En tous cas, elle semble bien mieux sécurisée que la leur.

- Qu’Unilabs a refusé de m’envoyer une de leur piqueuse à domicile sans l’intervention du médecin lui-même retardant d’autant une analyse urgente après hospitalisation en ambulance à l’étranger et une analyse dont je ne recevrai pas les résultats, retardant aussi d’autant un rendez-vous médical possible mettant ma vie en danger avec 36kg au compteur.

- Qu’une multinationale comme Unilabs rachète les petits laboratoires de qualité comme Meditest, sans pouvoir en assurer la même qualité, ni humanité. C’est l’une des raisons pour laquelle nous avions choisi MGD, mais pas la seule. Au nom de quoi ? $$$$$

- Que l’on tue les petits laboratoires comme on continue à tuer les petits commerçants.

Voir article du journal 

Tribune de Genève :

ou Le Courrier ici : 

- Que nous ne sommes pas en Suisse, en 2018, dans le Canton de Vaud, District Riviera Vaudoise, Commune de Montreux, mais encore au Moyen-Age.

J’observe : 

qu’il faudra encore faire le test B et C pour sécurité.

- Qu’après petite visite sur le site de l’OMS et de la Revue médicale suisse, on estime chaque année à 20 millions le nombre d’infections hépatite E, à plus de 3,3 millions les cas aigus.

- Qu’elle a provoqué environ 44’000 décès en 2015, principalement chez les personnes affaiblies, immunodéficientes, femmes enceintes etc..

- Qu’il n’existe aucun vaccin pour ce type d’hépatite, excepté en Chine, mais que les Offices de don du sang vont désormais être obligés de la tester. Le paradoxe médical n’est pas mort lui.

- Qu’il n’y a hélas pas les souches non plus, même à l’étranger, dans les laboratoires homéopathiques, ce qui aurait été la seule solution envisageable pour moi qui suis multi-allergique. Et pour faire cesser les quolibets que j’entends déjà arriver, c’est ainsi que je me suis débarrassée d’une hépatite A vitesse Grand V, il y a fort longtemps.

Je mets les liens ci-dessous pour ceux qui s’y intéressent :

OMS :

Revue médicale suisse :

Mise à jour de la Revue médicale suisse :

Je remercie au passage le labo de la Clinique de la Prairie qui a fait tout ce qu’il pouvait pour rendre la chose possible en préparant les tubes, s’apprêtant à les envoyer à Genève et s’est inquiété de savoir pourquoi aucune infirmière n’était venue les chercher. Hélas, il les aura préparés pour rien. Mais c’est bon à savoir que certains ont encore une conscience professionnelle et sont cordiaux dans les échanges. 

Questions légitimes à nos chers élus responsables de la santé :

1) Un labo est-il en droit de refuser une infirmière à domicile lorsque cela est nécessaire et d’exiger l’intervention du médecin pour cela ? Au pire des cas, si l’assurance en refuse le remboursement, il peut toujours facturer au client qui l’enverra ensuite à l’assurance avec une ordonnance.

2) Un labo est-il en droit de refuser l’envoi d’analyses par mail à un client ? A fortiori lorsque les résultats sont attendus depuis des lustres.

3) Si oui, qui ou quoi l’interdit ?

4) Un laboratoire est-il en droit de faire lui-même des analyses censées être envoyées à un autre laboratoire ?

J’espère recevoir des réponses claires à ces question.

* * *

Qu’y a-t-il en dessous du vernis ? Du vide. Rien que des mots, rien que des maux.


Le Tigre

vendredi 28 septembre 2018

Riviera Vaudoise, prise de sang à domicile pour analyse ? Impossible ! Parcours du combattant



Chers lecteurs et surtout, cher Canton de Vaud,

Après une hospitalisation d’urgence en pays étranger qui m’a obligée à repousser mon retour d’une semaine, m’a rendue encore plus malade, car non-respect des allergies, mais c’est aussi le cas dans nos hôpitaux, mon médecin traitant et spécialiste itinérant, de Genève à Lausanne en passant par la Riviera Vaudoise, vient immédiatement en consultation à domicile le 13 septembre.

Il rédige aussitôt une ordonnance pour analyses complémentaires à faire parvenir au Laboratoire MGD à Genève :


Dans le stress d’une itinérance constante, il oublie de me faire une ordonnance pour prise de sang à domicile. Qui d’ailleurs n’aurait servi à rien, comme on le verra plus loin. Il me dit néanmoins qu’il m’enverra le No de tel d’une infirmière à domicile qu’il n’a pas sur lui.

Handicapée, en moyen auxiliaire pour l’extérieur, très affaiblie, 36 kg au compteur, 86 % de risque fracturaire, 9/6 de tension, un coeur qui n’arrive plus à suivre, et un intestin très rebelle tous les matins, impossible pour moi de sortir à jeun, ni d’ailleurs de sortir le matin tout court.

Je pars en piste sur internet pour trouver une infirmière privée qui pourrait se déplacer. N’en voit point.

13.09.2018 : Je téléphone au Laboratoire MGD Genève pour leur demander s’ils ont un point de collecte dans la région Riviera Vaudoise. Ils n’en ont pas, uniquement sur GE, Nyon-Gland et Fribourg, mais collaborent avec la Clinique de la Prairie régulièrement, mais avec envois uniquement le lundi et me demandent de les appeler pour la prise de sang.

13.09.2018 : J’appelle le Centre médical de la Clinique de la Prairie. L’on me répond que depuis peu, la Clinique ne travaille plus avec les ordonnances des médecins de l’extérieur et que de toutes façons, ils n’ont pas de service d’infirmières pour prise de sang à domicile.

13.09.2018 : Rappel à MGD pour leur expliquer. La médecin chef va me rappeler.

13.09.2018 : La médecin chef de MGD me rappelle, ils sont toujours très corrects, et me donne le No de tel du laboratoire de la Prairie directement. Ils sont toujours en collaboration pour la transmission des analyses.

19.09.2017 : Une amie handicapée, m’envoie le No de tel mobile d’une infirmière à domicile, mais pas son nom. Je l’appelle et l’informe de la nécessité d’une prise de sang à domicile à apporter au labo de la Prairie ensuite.

« Rappelez-moi demain en fin de matinée pour prise de rv et informations ».

20.09.2018 : Je rappelle l’infirmière à 11h15. Répondeur. Je laisse un message lui de demandant de me rappeler. La rappelle encore à 11h49. Sans succès. Très sérieux tout ça.

20.09.2018 : Appel au labo de la Prairie : La médecin chef, très collaborante me demande de lui envoyer par mail une copie de la demande d’analyse, afin qu’elle puisse préparer les tubes qu’une infirmière pourra venir chercher, même le w.e. elle pourra les poser à la réception. Mais la prise de sang doit être faite impérativement le lundi matin, seul jour où ils ont un transfert pour Genève et l’infirmière doit leur téléphoner avant de venir chercher pour les prévenir. Elle me dit en outre, que le labo se trouve dans le bâtiment le plus ancien, la villa au fond du parc.

J’en déduis donc qu’il n’est pas accessible et qu’ils seraient obligés de venir me piquer dehors même si je pouvais m’y rendre à jeun.

20.09.2018 : je retrouve dans mon agenda le tel mobile d’une infirmière de Meditest qui est déjà venue plusieurs fois à mon domicile pour prise de sang. Elle m’informe que le lundi, ce sera son dernier jour de travail, qu’elle est déjà overbookée, car Meditest a été vendu à Unilabs et qu’ils n’ont plus le droit de prendre de nouveaux mandats, uniquement de prendre en charge les dernières prises de sang qui avaient été agendées avant. Elle va néanmoins se renseigner auprès de sa chef pour voir si c’est possible. Elle me demande aussi de lui envoyer par mail la copie de demande d’analyse, ce que je fais.

21.09.2018 : L’infirmière de Meditest me rappelle pour me dire que c’est impossible, ils seraient dans l’illégalité et me conseille de téléphoner à Unilabs directement

21.09.2018 : j’appelle donc Unilabs Montreux : j’explique tout, la téléphoniste me dit que pour une prise de sang à domicile, c’est le médecin lui-même qui doit faire la démarche auprès du labo !, sinon ils ont des problèmes avec les assurances... Lui demande si une ordonnance pour prise de sang à domicile suffirait. Non ! Le médecin doit faire la démarche lui-même. Lui explique que cette ordonnance d’analyse date du 13 et que je n’arrive pas à joindre mon médecin, ni ne peux me déplacer le matin à jeun. Elle ne veut rien savoir. Me demande néanmoins de me déplacer après avoir pris rendez-vous et que les envois ne peuvent se faire à Genève que lundi, mardi, mercredi. Elle a en outre des doutes sur la possibilité d’envoyer en réfrigéré.

21.09.2018 : La médecin chef du laboratoire de la Prairie m’appelle, responsable, inquiète de ne pas avoir vu arriver une infirmière pour prendre les tubes en question. Lui explique que je n’en ai pas trouvé et que je suis désolée pour le dérangement. Elle a repris contact avec MGD qui lui a dit que le tube censé être réfrigéré pouvait rester un jour à température normale, mais pas plus. Un envoi par poste ne serait donc pas possible. Il faut un transfert dans la journée.

27.09.2018 : En désespoir de cause, j’appelle le CMS de Montreux pour leur demander s’ils ont une infirmière à domicile pour une prise de sang. « Non, nos services et infirmières ne sont pas mandatés pour faire des prises de sang ». « Allez faire votre prise de sang à l’hôpital, c’est la seule chose que je peux vous conseiller, nous n’avons pas d’adresses d’infirmières privées ». A jeun ? aller encore plus loin ? Ou devoir payer CHF 180.00 de transport adapté aller-retour avec accompagnant pour une simple prise de sang ?

Ca ne va pas la tête ? Nul ne dit d’ailleurs qu’un hôpital accepterait de piquer et d’envoyer une demande d’analyse à Genève faite par un médecin extérieur.

27.09.2018 : je demande à la Pharmacie de Clarens s’ils ont les coordonnées d’infirmières privées. Non plus. Ils ne sont pas en contact avec les infirmières.

A tout hasard, j’appelle la Clinique CIC qui est près de chez moi, mais ils ne font pas ce genre de transferts et n’ont pas de service d’infirmières à domicile.

J’ai tenté de contacter mon médecin :

par mail, le 21 et le 24 septembre
par sms, 2 x le 13, 1 x le 14, 1 x le 21 septembre
par tel, 2 x le 24, 1 x le 25, 2 x le 26, 1 x le 27 septembre

Il a disparu. Cela lui arrive de temps en temps. Lorsqu’il part en congrès d’allergologie ou en vacances, il ne prend ni téléphone, ni ordi avec lui. S’il avait été en Suisse, il m’aurait répondu ou rappelée.

Nous sommes donc le vendredi 28 septembre, soit 15 jours après l’ordonnance et je n’aurai toujours pas d’infirmière lundi 1er octobre pour venir me piquer.

Je vous raconterai un autre jour comment l’une de mes amies, lourdement handicapée, actuellement domiciliée à Vevey et en fauteuil électrique, avec une sonde et poche d’urine, atteinte d’une infection quelques jours avant de partir en vacances, ne pourra pas se faire changer sa sonde, parce que les infirmières du CMS ne sont pas formées pour le faire !!!

Qu’y-a-t-il de plus simple pour une infirmière que de faire une prise de sang ou changer une sonde ? Qu’apprennent-elles de nos jours ? A faire un pansement ? A compter des pilules à mettre dans une boîte ? N’importe qui qui a quelques notions d’hygiène, est responsable et sait lire peut le faire.

Cela fait des mois que je demande à être introduite auprès du département de neurobiologie de l'UNIL, Dresse Florianne Tschudi-Monnet, spécialisée en outre en toxicologie pour des recherches, ou en neurosciences au CHUV, après une intoxication au mercure de + 5259 % !!! Soit plus de 5 x la dose mortelle et 30 x les normes maximales de l'OMS. Cela m’est refusé depuis des mois, voire des années en immunologie ou génétique aussi et pourtant les séquelles sont nombreuses et beaucoup sont non réversibles. J’y reviendrai si le peu de vie qui me reste le peut.

Hier encore, malaise subit et violent. Mon oeil gauche n’y voyait soudainement plus rien du tout et pourtant c’est celui qui a été opéré de la cataracte et le seul qui voit.

29 ans de combat pour faire respecter ses droits, je n’en peux plus. Je demande d’ores et déjà à mon avocat s’il m’arrivait quelque chose de porter plainte pour moi. Je sais qu’il le fera.

J’espère en tous cas en attendant, que le Canton réagira à cette impossibilité de simple prise de sang et que M. Maillard poussera un dernier coup de gueule salutaire avant son départ. Il laissera un grand vide dans ce Canton. Un vide de droits, un vide d’humanité.


Le Tigre
#balancetonexclusion


lundi 11 juin 2018

LES BOSQUETS futur Immeuble protégé – Vevey – petite analyse construction


Chers lecteurs,

A l’automne, de futurs appartements protégés à Vevey – Les Bosquets – proches de la Gare CFF, verront le jour et seront habitables. 15 logements, dont 14 logements protégés, ainsi que des ateliers, bureaux et un restaurant public :

14 appartement de 2 pièces protégés
1 studio
1 restaurant public d’environ 150 m2
Environ 830 m2 de bureaux et ateliers

Les différents partenaires de cette construction :

Prima Vesta, coopérative d’habitations d’utilité publique spécialisée dans la conception de logements protégés ou à mobilité réduite.

La FondationPolyval, fondation de droit privé ayant pour but l’insertion des invalides dans le monde du travail dans un environnement adapté.

Alterimo, gérance immobilière spécialisée dans le conseil, la mise en valeur et la gestion de logements protégés et adaptés pour seniors ou personnes en situation de handicap.

Architectes : Ferrari Architectes

Ceci posé, examinons le plan ci-dessus. Pour le voir de plus près, vous pouvez le télécharger ICI

Souhaitant m’y inscrire et en faire part à quelques personnes à mobilité réduite très dans l’embarras de Clarens depuis des mois, en voyant ce plan envoyé par Alterimo, y ai personnellement renoncé. 

J’ai choisi ici pour étude le plan du 3ème étage, le 4ème et 5ème étant identiques excepté l’appartement 51 au 5ème qui est un studio et sera probablement utilisé comme salle commune ou une personne de l’intendance.

Après avoir envoyé un mail à l’architecte pour lui demander les mensurations de la largeur des couloirs devant les portes appartements et autres questions, je reçus un téléphone de son secrétariat m’indiquant :

Couloirs : 140 cm de largeur – ascenseur dans les normes – réduits 140/195. J’attendais une confirmation par écrit qui ne vint pas et réponse à mes autres questions.

C’est bien ce que je craignais en évaluant de visu et sans mensuration précise du plan. Je précise que je n’ai pas les plans de l’entrée de l’immeuble, ni des 2 premiers étages consacrés aux bureaux et ateliers.

C’est ainsi que les buts des trois partenaires PrimaVestaFondation Polyval et Alterimo ne pourront être atteints en ce qui concerne les appartements protégés et peut-être même les étages des ateliers. Pourquoi ?

Sont exclus d’emblée les personnes en moyen auxiliaire électrique 4 roues, soit les scooters pour handicapés qui sont les moyens auxiliaires les plus vendus en Suisse, pour des raisons déjà évoquées dans ce blog : meilleure autonomie pour pouvoir faire ses courses et poser de la marchandise sans nécessité d’une aide à domicile pour les achats courants, ils coûtent 4 x moins cher à l’AI qu’un fauteuil électrique, donc tous ceux dont les pathologies le permettent, préfèrent ce moyen pour se déplacer à l’extérieur, ne peuvent souvent rien porter et en ont besoin pour rapporter leurs courses jusqu’à leur domicile. l’AI les préfère aussi pour des raisons financières ! Un scooter électrique 4 roues, selon la qualité, la suspension et selon les pathologies coûte entre CHF 3'500.00 et CHF 5'500.00. Un fauteuil électrique coûte sans option 2 x plus, s'il est adapté aux pathologies des personnes plus gravement touchées, il peut coûter dans les CHF 30'000.00.

Un scooter électrique ne pourrait pas manoeuvrer dans un espace de 140 cm pour entrer dans ces appartements et le laisser dans le couloir de celui-ci. Les scooters électriques mesurent entre 126 et 130 cm de long et ne tournent pas sur eux-même, ont un angle de rotation restreint. Il faudrait donc à des personnes handicapées une bonne dizaine de manoeuvres difficiles à raison de 5cm à l’avant et 5cm à l’arrière pour pouvoir y pénétrer. (appts 31, 32, 34, 35, resp les mêmes aux étages supérieurs)

Le seul appartement qui pourrait être accessible en scooter électrique serait le 33, resp 43, 53, qui permettrait d’y entrer tout droit, d’en ressortir en marche arrière pour aller à l’ascenseur à condition d’avoir des yeux à l’arrière, et de devoir le laisser dans le couloir intérieur de l’appartement dans l’impossibilité de le mettre dans le réduit et empêchant le passage pour un visiteur en autre moyen auxiliaire.

Or, ce sont précisément les scooters électriques qui coûtent donc moins cher, qui sont systématiquement exclus de toutes habitations, qu’il s’agisse d’immeuble protégés ou d’immeubles privés ou subventionnés qui pourraient être facilement accessibles pour eux, mais dont ils sont exclus tout aussi systématiquement par les propriétaires privés en tous cas, car pour ces derniers le mot mobilité réduite fait peur. Alors qu’il suffirait parfois juste d’une petite rampe à l’entrée de l’immeuble pour éviter la seule marche existante. Ou encore un local où pouvoir laisser son scooter en bas avec prise de recharge, tout simplement. Cela se fait en Espagne depuis longtemps dans toutes les allées des immeubles dont l’ascenseur est trop petit et ne peut être modifié.

Il n’y a aucun local à disposition dans cet immeuble les Bosquets au rez, pour y laisser et recharger des scooters électriques 4 roues qui n'ont pas non plus la possibilité de manoeuvrer dans les allées des appartements.

Mais les fauteuils électriques, eux aussi sont lésés :

Dans les couloirs de cet immeuble de 140 cm de largeur, deux fauteuils électriques ne pourraient pas se croiser. Les fauteuils électriques font un min de 70cm de large. Il n’y aurait pas un millimètre de distance entre les deux.

Les entrées des appartements 34 et 35 : le couloir intérieur appt fait 120cm de large. Si la porte d’entrée ne s’ouvre pas à 180°, aucun fauteuil électrique ne pourra y entrer.

Dans les réduits prévus dans les appartements, ils entreraient encore moins, la plupart sont construits dans le mauvais sens en largeur et non en profondeur avec de plus une porte qui s’ouvre vers l’avant. Impossible de tourner. On ne peut rien mettre dans un réduit où la porte s’ouvre vers l’avant. La plupart des locataires vont devoir l’enlever et mettre un rideau à la place. Et comme ces appartements ne possèdent pas de cave, ils devront mette la porte dans le réduit.

Pour les réduits qui sont dans le bon sens (appts 31, 32) soit en profondeur, il faut traverser la cuisine et le salon pour poser son moyen auxiliaire) en butant sur les meubles avec un fauteuil électrique par exemple ? On la met où la table à manger ou un meuble plan de travail dans ce cas ?

Les Loggias : font à peu près 130 cm de profondeur en passant par des seuils de porte de 2,5cm puisque ce sont des portes battantes. Comment va faire un fauteuil électrique qui fait au min 116 cm pieds compris, pour pouvoir tourner, après avoir passé 2,5 cm de seuil de porte et 2 chocs, roues avant et arrière, qui vont le projeter vers l’avant sans rentrer dans la balustrade ? Il n’y a que 14 cm pour tourner ! S’il ouvre toutes les portes fenêtres en grand et y entre de biais, il s’agira de 4 chocs à l’aller et 4 au retour car les roues franchiront séparément et il rentrera dans la minuscule table qu’il aura mis au fond de la loggia. Pour autant qu’une personne avec une sclérose en plaque arrive à faire cela. Je mets au défi les architectes de venir expérimenter en moyen auxiliaire ce qui est dit ici.

C’est ainsi que pour ces trois partenaires qui favorisent la mixité sociale, l’entraide entre différentes générations et types de pathologies, toutes ces belles idées ne pourront avoir lieu. Dans le formulaire à remplir de 4 pages de Alterimo figure bien le paragraphe : Que pensez-vous pouvoir apporter aux autres résidents ? L’attribution des appartements se fait également en fonction de cette réponse. C’est ainsi que les aînés en rollator pouvant à peine marcher ou les personnes atteintes de sclérose en plaque épuisés, n’auront personne pour aller leur acheter quelques légumes ou poisson frais au marché, leur mettre un courrier recommandé à la poste, ou leur rédiger une lettre ou encore organiser pour eux un atelier de peinture, de bricolage, de cours de langues, de petits concerts acoustiques par les étudiants du conservatoire ou interprètes de chansons, expositions de leurs oeuvres de peinture ou bricolage, ou de celle des étudiants de beaux-Arts, ou des handicapés bénéficiant des ateliers des étages inférieurs, etc..

Pour des raisons d’architecture, les immeubles protégés d’aujourd’hui ne sont que des EMS mal améliorés et ne remplissent pas leur fonction de solidarité et certainement pas celle de la diversité. Il n’y aura dans cet immeuble, comme dans tous ceux protégés construits jusqu’à ce jour, que des aînés en rollator ou en cannes, des personnes atteintes de maladies neurodégénératives très affaiblies, des handicapés physiques en fauteuil manuel et peut-être quelques personnes debout atteintes d’une maladie cardiaque et ayant besoin de surveillance.

Alors que pendant ce temps, toutes les personnes atteintes de maladies osseuses graves, de cachexie, d’arthrite, et de maladies neurodégénératives différentes, continueront à chercher des appartements accessibles depuis 20 ans. Justement ceux qui auraient eu encore la mémoire, l’envie, la capacité d’aider les autres.

Attention, je ne dis pas que Ferrari Architecte n’était pas dans les normes actuelles dans cet immeuble bien que je n’aie pas tout vu, elles sont réalisées au strict minimum de la loi ici sur ce plan, bien qu’il ait déjà fait ailleurs de nombreuses boulettes à de nombreuses reprises, ce blog en témoigne largement. Strict minimum de la loi comme nos élus locaux pour les rampes de trottoirs générant des coûts de santé énormes. Je dis que les normes actuelles ne correspondent en rien aux moyens auxiliaires d’aujourd’hui, au manque de réflexion sur ce qu’est une personne handicapée ou à mobilité réduite, de ses besoins et des différentes pathologies et de leur détérioration.

Peut-être faudrait-il avant de construire et plutôt que d’attendre une commission d’attribution qui décidera de qui peut habiter là ou pas selon l’architecture, stipuler aux architectes avant la construction, comme cela aurait dû être le cas ici : « Nous voulons un immeuble accessible à tous les moyens auxiliaires ». Et surtout comme le suggère depuis longtemps Inclusion Handicap, demander l’avis des personnes handicapées.

J’ajouterais que de nombreuses choses seraient à revoir dans les normes, comme

Les portes battantes : Celles-ci sont ingérables pour les personnes en fauteuil électrique ou manuel ou en rollator qui n’ont qu’une seule main valide et même pour les autres. Elles ne peuvent pas en même temps ouvrir une porte et actionner la commande de leur engin. Toutes les portes devraient être coulissantes. Ce devrait être valable pour tous les locaux comme buanderies, etc.. également dans toutes les toilettes handicapés publiques.

Les portes doivent être faciles à ouvrir et les fermetures-portes automatiques ne sont pas permises. Cela est déjà dans la loi mais personne ne le respecte pour ce qui est des locaux communs la plupart du temps.

Les seuils de portes à 2,5 cm pour se rendre aux balcons ou ailleurs : ils génèrent, étant saillants, des chocs insensés dans tout le corps, mais en cas de portes battantes ils sont inévitables. En cas de porte coulissante, le rail peut être posé dans le sol avec une catelle en pente légère côté balcon, ce qui génère une surface de passage plate. On peut le faire partout, à l’étranger depuis 50 ans, même à Zürich en Suisse, alors pourquoi pas en Romandie ?

Les normes des ascenseurs : 140/80 trop petits. Une personne en moyen auxiliaire électrique ne pourrait bénéficier d’un accompagnant montant avec elle. Encore moins un scooter électrique 4 roues. Si son moyen auxiliaire tombait en panne dans l’ascenseur, ce qui arrive parfois, elle ne pourrait pas l’enjamber pour sortir de l’ascenseur, ni passer à côté pour autant qu’elle puisse marcher. Dans les immeubles protégés et seniors et mobilité réduite, il serait justifié qu’un brancard puisse y entrer. Par la même occasion, tous les moyens auxiliaires pourraient y entrer.

Les fours : ceux-ci devraient être à hauteur accessible à tous, qu’ils soient en fauteuil ou debout. C’est possible à environ 75/80 cm du sol. Cela évite aux personnes âgées à devoir se baisser au risque de tomber et aux personnes en fauteuil d’avoir des difficultés d’accès et de risque de se brûler. Les fours à tiroir coulissant devraient être préférés et auto-nettoyants. Beaucoup plus faciles d’accès, plus sécurisants et évitent des heures d’aide à domicile. Ils ne coûtent pas plus cher non plus. Simple réflexion.

Les frigos : Le compartiment congélateur qui est le moins utilisé, devrait être en bas, de façon à ce que le bac à légumes, le plus utilisé, soit plus facilement accessible et n’obligent pas les personnes âgées à se baisser jusqu’au sol.

Les armoires de cuisine du bas : devraient toutes être à portes coulissantes. Aller chercher des casseroles au fond d’une armoire en bas est un parcours du combattant pour une personne âgée. Encore plus pour les personnes en fauteuil dont la longueur du fémur empêche d’y accéder.

Les armoires du haut à 1.65 pour la première planche du bas, ne sont pas accessibles pour des personnes de cette génération qui mesurent en moyenne 1m50 à 1m55. C’est juste une question de bon sens. J’ai vu cela à Eikenott Gland dans un appartement protégé.

Prévoir dans les immeubles protégés des éviers accessibles et plan de travail accessible. Sinon, il va falloir se séparer du peu de meubles de cuisine qui sont en dessous.

Prévoir des vitro-ceram et non « induction », ces dernières étant incompatibles avec les prothèses en métal dans le corps et personnes ayant des pacemakers. Même les modes d’emploi de ces objets stipulent que pour une personne normale, il vaut mieux n’utiliser que les plaques du fond... et ne pas rester devant pendant la cuisson. Privilégier aussi des petites plaques de cuisson et une plus grosse. Les personnes en immeubles protégés sont le plus souvent seules. Elles n’utilisent que des petites casseroles, déjà pour des raisons de poids, sauf invitations pour la famille. On ne peut pas cuire des aliments différents et variés dans la même casserole. Certains fabricants font pour les vitro-ceram des plaques 3 en 1, qui permettent de varier la largeur correspondant à la casserole. Et ce n’est pas plus cher, juste une question de réflexion.

Salle de bains : la hauteur des robinets, porte-savons et barre verticale pommeau de douche : Excusez-moi, mais comment voulez-vous qu’une personne en fauteuil ou assise sur une chaise de douche puisse atteindre ce porte-savon et les robinets ??? (Les Bosquets). Même si je n’ai pas les mensurations exactes car je n’ai pu voir sur place, la photo me suffit à penser que ce n’est pas accessible :


Le porte-savon en angle, avec distance des fémurs assis qui vont de 46 à 52 cm pour les femmes et peuvent être plus longs encore pour les hommes est inaccessible, mal placé et à mauvaise hauteur. Il ne devrait de plus pas être d’angle, c’est ingérable, mais à proximité de la barre de douche.


Les robinets : sur une chaise de douche siège 42 à 57 cm hauteur max, ne seront pas accessibles si la personne ne peut se tenir debout. En particulier pour des personnes atteintes de périarthrites des épaules et qui ont de la difficulté à lever les bras.

Placés plus bas et correctement, ces objets et robinets auraient été accessibles à tous. Cela ne coûte pas plus cher de placer les choses de manière juste et je me demande bien qui décide de cela. L’architecte ? Le constructeur ? Le propriétaire ?

J’ignore si la batterie de robinets contient un écoulement vers le bas, car elle est cachée, mais semble que oui. C’est très utile, car impossible de remplir un seau ou une bassine dans les éviers de cuisine pour le ménage, les bains de pieds, etc.. Me souviens qu’à Eikenott, dans l’immeuble seniors et mobilité réduite, il n’y en avait pas et que c’était très très embêtant.

Les WC : en voyant cette photo, me demande bien, même si encore en construction, une personne en fauteuil électrique pourrait accéder à la chasse d’eau. Même si des barres de soutien seront placées à droite et à gauche pour les personnes qui pourraient en avoir besoin et remontables, il faudrait retourner en marche arrière avec un fauteuil et avoir des bras très très longs ou se contorsionner sur le siège des toilettes pour pouvoir tirer la chasse d’eau.


En imaginant qu'une personne ici devrait mettre une machine à laver si elle ne pouvait pas utiliser celle de la buanderie commune pour différentes raisons médicales, elle n'aurait plus accès du tout à cette chasse d'eau.

J’ignore ce qu’il en est des cuisines aux Bosquets, si l’évier est accessible, s’il y a un plan de travail accessible etc... Mais j’en doute un peu.

Je suggérerais aussi que, par étage, dans les immeubles protégés ou seniors et mobilité réduite, certains appartements bénéficient d’une baignoire. Certaines personnes ont besoin de bains pour leurs soins, particulièrement celles qui sont intolérantes ou allergiques de plus en plus nombreuses aux anti-douleurs et médicaments chimiques. Les bains sont la seule façon de les soulager, avec différents produits naturels. Les chaises de bain électriques sur pile existent, ne coûtent pas très cher et si la baignoire est suffisamment profonde, on peut espérer avoir de l’eau plus haut que le nombril. Les pathologies du dos en seraient reconnaissantes.

Ce que je sais, c’est que fin décembre 2023, les immeubles récents et particulièrement ceux destinés à mobilité réduite ainsi que les services publics, devront être accessibles à tous. Que les constructeurs auront eu 20 ans pour y penser et que l’on continue à construire un peu n’importe quoi, n’importe comment, sans réfléchir même aux choses les plus évidentes.

Il n’est pas acceptable qu’un immeuble protégé, contenant des appartements pour personnes à mobilité réduite, contenant des ateliers pour handicapés dans les deux premiers étages, ne soit pas accessible avec les moyens auxiliaires les plus vendus et les plus utilisés, ni dans leur aménagement à différentes sortes de handicap.

Je demande au Canton de Vaud et à M. Alain Berset, Président et Conseiller Fédéral d’exiger que les architectes et constructeurs soient obligés de suivre une formation pour construction à mobilité réduite ainsi qu’une mise en situation, car l’expérience vaut mille concepts, afin d’obtenir un diplôme qui les autorisera à les construire.

Je demande à ce que les plans des immeubles construction mobilité réduite fassent l’objet systématique d’une évaluation sur plans par des experts et des personnes à mobilité réduite avant construction et qu’il en soit tenu compte.

Je demande à ce que les normes SIA soient revues en conséquence pour les moyens auxiliaires d’aujourd’hui.

En attendant, à ce que celles en vigueur soient respectées, ce qui est très rarement le cas.

A bientôt chers lecteurs de ce blog. Désolée pour la longueur de ce post, mais des explications étaient visiblement nécessaires et je voulais avant de partir que la réflexion soit faite.

Le Tigre